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Les Expressions Journalistiques Du Foot...

Featured Replies

Posté(e)

Moi j'dis rien : tout est dans la signature.

Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015).

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Posté(e)

J'ai bien aimé aussi sur lequipe.fr :

Le Brésilien [Juninho]a remis le couvert juste avant la mi-temps avec un bijou de coup franc excentré que Carew a tenté de dévier, en vain, dans la cage, décidemment grande ouverte de Fabien Cool (45e)

Ca veut dire quoi? Y a but, pas but? :nono: :huh:

Glurp

Hexa.jpg

Posté(e)
  • Auteur
Moi j'dis rien : tout est dans la signature.

<{POST_SNAPBACK}>

:lol:

y'a aussi le give me your....putainGGG, comment on dit maillot maillot, mais, heu... pas le jaune, le red....

"Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît." [Audiard]

"Si vous ne pouvez pas répondre à l'argument de quelqu'un, tout n'est pas perdu. Vous pouvez encore l'injurier." [ Elbert Hubbard ]

Posté(e)
  • Auteur
J'ai bien aimé aussi sur lequipe.fr :

Ca veut dire quoi? Y a but, pas but? :nono: :huh:

<{POST_SNAPBACK}>

CT un coup franc ???? :blink: :unsure: :blink:

"Les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît." [Audiard]

"Si vous ne pouvez pas répondre à l'argument de quelqu'un, tout n'est pas perdu. Vous pouvez encore l'injurier." [ Elbert Hubbard ]

Posté(e)

Elle est pas belle celle là ?

Pris sur Olweb.fr

Entré en cours de jeu 8 minutes plus tôt à la place de Luyindula, le numéro 9 de l'AJA s'apprête à toucher son deuxième ballon de la partie, mais comme on peu le constater sur cette image, Pieroni est à labour? très à labour
Posté(e)
Pieroni est à labour? très à labour

<{POST_SNAPBACK}>

C'est un néologisme voulant dire "labourer en retard" :lol:

Posté(e)
C'est un néologisme voulant dire "labourer en retard" :lol:

<{POST_SNAPBACK}>

C'est ma preferee. Je viens de la voir sur Olweb et me suis dit qu'on devrait peut etre dire a ce jeune homme comment ca s'ecrit ! Cela lui eviterait des coquilles ...Non parce qu il risque d'y en avoir des defenseurs a labour labour sur Carew et Fred, et Malouda, et Govou,....Ouhh mon Dieu qu ils vont etre a Labour Labour :lol: :lol: ;):)

Moi quand on m'enerve, je dynamite, je disperse, je ventile : aux 4 coins de Paris qu'on va les retrouver, facon puzzle !

Le Foot, c'est pas une question de vie ou de mort, c'est plus que ca !

Le Foot c'est un sport qui se joue a 11, et a la fin c'est toujours l'Ol qui gagne !

Posté(e)

Ah les clichés de journalistes... D'ailleurs il n'y a pas que les journalistes.

Nicolas Plestan : « A Metz pour gagner »

L'ouvrage de référence restera celui de Burnier et Rambaud en 97 (lire une critique >>> ici <<<) mais il faudrait effectivement écrire une version football.

Le vrai problème du journalisme, et qui est encore plus marqué chez les journalistes sportifs, est que c'est un métier où les professionnels manient un outil, la langue, qu'ils ne connaissent que très mal. Vos remarques laissent à penser que pour vous, un commentateur sportif devrait être un littéraire. C'est exactement le contraire : quand on aime les livres, on est journaliste littéraire... quand on en lit beaucoup, on passe rarement ses journées à écouter des joueurs de foot...

L'essence du commentaire sportif, c'est la rapidité. Il faut vite trouver les mots pour décrire l'inattendu. Ce sont pile les bonnes circonstances pour écrire n'importe quoi. Et à force de débiter dans l'urgence des expressions stéréotypées, on les répète même quand on a le temps.

Par ailleurs, vous seriez atterrés par le niveau des journalistes littéraires "balle au pied".

Posté(e)

oui Hugo.

Moi aussi je les trouve mauvais les journalistes sportifs, notamment la TV (a l'exception de C+).

Mais il y a une chose qu'ils font et que je ne serai jamais capable de faire, c'est d'etre capable de tenir le crachoir pendant 90 minutes et ce quelle que soit la qualite du spectable propose. C'est un vrai metier.

Et je peux comprendre que dans le feu de l'action, ils sortent une boulette (encore que ce type de mesaventures n'arrive quand meme qu'aux mauvais).

Posté(e)

Il y a tenir et tenir le crachoir. Perso, je ne me ficherai jamais de la gueule d'un commentateur radio qui pour la 50e fois vient de se mélanger entre les deux adversaires (genre : "Les Lensois vont pouvoir se dégager mais c'est immédiatement une récupération lensoise.")

Ce qui m'insupporte, ce sont deux choses :

- les boulettes qui témoignent d'une vraie méconnaissance du français

- pour ceux qui écrivent des articles de soi-disant analyse, le ton péremptoire avec lequel la vérité du jour est assénée pour les siècles des siècles, et son exact contraire proclamé, gravé dans le marbre le lendemain, par le même individu. Un minimum de prudence n'exigerait pourtant pas un effort littéraire démesuré.

Pour les premières, un nouvel exemple fait fureur, c'est de dire d'une équipe qui vient d'en prendre un derrière les oreilles qu'elle "marque le coup". Comme les Auxerrois hier, n'ont pas offert à Carew un verre de chablis à l'heure de jeu, c'est simplement une de ces fameuses contractions : marquer le pas + accuser le coup = marquer le coup. Et bien ça me gonfle, parce qu'il n'y a quand même pas besoin d'être au jury du Goncourt pour connaître ces trois expressions. D'ailleurs Hugo, comment expliques-tu alors que les journalistes belges possèdent cette fameuse maîtrise de la langue, eux ?

Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015).

Posté(e)
MILIEUX

Vikash Dhorasoo (Paris SG/ITA)

Alou Diarra (Lens)

Claude Makelele (Chelsea/ANG)

Sidney Govou (Lyon)

Patrick Vieira (Juventus Turin/ITA)

Zinédine Zidane (Real Madrid/ESP)

:lol: Je savais que certains clubs pouvaient changer de pays, mais la .............

signé l'EQUIPE bien sûr !

Modifié par ejilan

La valeur de quelqu'un se mesure au nombre de ses adversaires.

Posté(e)

le fameux "comme elle vient" de jeanmimi est pas mal ossi

:)

Posté(e)

je ne sais pas si cela a été ditou non, mais en écoutant des collègues de travail, je me suis souvenu de cette expression qui m'énerve souvent:

"si la balle est dedans, c'est pareil"

bah non, si elle est dedans, ça fait but! et là ça ne fait pas but, donc ce n'est pas pareil...

Posté(e)
je ne sais pas si cela a été ditou non, mais en écoutant des collègues de travail, je me suis souvenu de cette expression qui m'énerve souvent:

"si la balle est dedans, c'est pareil"

bah non, si elle est dedans, ça fait but! et là ça ne fait pas but, donc ce n'est pas pareil...

<{POST_SNAPBACK}>

Oui, c'est comme 'complétement à coté'.. en fait c'est à coté, à moitié à coté, c'est sur le poteau ?

unvraistadeetvite46860.gif
Posté(e)

non, sur le poteau, c'est "toucher du bois". Ce qui est étrange d'ailleurs, car c'est ce que l'on fait pour avoir de la chance, et un joueur qui tire sur le poteau n'en a pas tellement de la chance <_<

Posté(e)
je ne sais pas si cela a été ditou non, mais en écoutant des collègues de travail, je me suis souvenu de cette expression qui m'énerve souvent:

"si la balle est dedans, c'est pareil"

bah non, si elle est dedans, ça fait but! et là ça ne fait pas but, donc ce n'est pas pareil...

<{POST_SNAPBACK}>

je me bats encore avec mon père pour lui faire comprendre cela.

dedans = 1 - 0

à côté = 0 - 0

mais c'est difficile :nono:

ian

"If you hold back anything, I'll kill ya. If you bend the truth or I think your bending the truth, I'll kill ya. If you forget anything I'll kill ya. In fact, you're gonna have to work very hard to stay alive, Nick. Now do you understand everything I've said? Because if you don't, I'll kill ya."

Posté(e)

Un tic assez nul aussi je trouve, chez quelques commentateurs (notamment par écrit), c'est de parler du "cuir" au lieu du ballon : "ils se disputent le cuir", "le cuir n'est pas passé loin", "il s'empare du cuir", etc. etc. Sous la plume de certains auteurs, "cuir" est répété trois fois plus souvent que "ballon" ou "balle"...

J'ai toujours du mal à comprendre au début s'ils parlent du cuir chevelu, ou du cuir des chaussures, ou bien :rolleyes:

Posté(e)

Il y a aussi Larqué qui ne peut jamais s'empêcher de caser son "c'est venu de droiteu-ça repar'à gauche"...

Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015).

Posté(e)
Un tic assez nul aussi je trouve, chez quelques commentateurs (notamment par écrit), c'est de parler du "cuir" au lieu du ballon : "ils se disputent le cuir", "le cuir n'est pas passé loin", "il s'empare du cuir", etc. etc.  Sous la plume de certains auteurs, "cuir" est répété trois fois plus souvent que "ballon" ou "balle"...

J'ai toujours du mal à comprendre au début s'ils parlent du cuir chevelu, ou du cuir des chaussures, ou bien  :rolleyes:

<{POST_SNAPBACK}>

les belges disent quasiment toujours le cuir...mais dans un dico wallon, celà signifie 'ballon'.

unvraistadeetvite46860.gif
Posté(e)

A propos des journalistes belges, je ne résiste pas à la tentation de remettre ici cet article paru dans un grand quotidien "d'outre-quiévrain".

C'est trop facile de s'attaquer à Georges Bush -

On critique beaucoup Georges Bush, c'est extrêmement injuste.

L'anti-américanisme qui déferle sur le monde frise la caricature, d'autant que si on met à part la peine de mort, le refus du Protocole de Kyoto, les taxes sur les importations d'acier, la malbouffe, le KKK, le refus de signer la Convention sur les droits de l'enfant, le sabotage du Tribunal pénal international, la difficulté d'accès aux soins de santé, le beurre de cacahuetes, la ségrégation raciale, le refus de signer le Traité sur l'interdiction des mines antipersonnelles, les disques de Ozzy Osbourne, le puritanisme, l'obsession des armes, l'obésité, les dérives procedurières, le ketchup et le père des soeurs Williams... mis à part donc ces quelques points de détail, nous partageons avec le peuple américain un certain nombre de valeurs essentielles.

Il suffit de prendre l'exemple de Mireille Mathieu. La plupart des Américains et des Européens adorent Mireille Mathieu. C'est quand même un signe!...

Qui plus est, chaque geste que pose l'administration américaine, chaque mot que prononce son Président nous prouve qu'on est enfin entré dans une ère nouvelle. On pensait que ce serait le chien-robot de Sony ou la decouverte de l'eau sur Mars qui allait sonner le passage du millénaire. Pas du tout! C'est une fois de plus l'Amérique, avec sa longueur d'avance, qui nous en ouvre la voie royale...

Prenons le problème irakien, puisqu'il n'est question que de lui. Les concepts qu'il produit sont aussi révolutionnaires que passionnants. Surtout que c'est quand même la première fois, qu'avant de déclarer la guerre, le pays qui attaque envoie ses inspecteurs chez l'ennemi pour être certain qu'il n'ait pas d'armes qui lui permettraient de riposter.

En plus, au XXe siècle, il y avait encore cette pratique désuète de l'attaque surprise, les panzers pointant leurs canons dans le brouillard du petit matin. Aujourd'hui, avec Bush, on sort ses agendas, on regarde les disponibilités de chacun, et puis on donne la date deux mois à l'avance, question d'être sur que personne ne soit empêché par un mariage ou une communion solennelle. Et ça, c'est chouette même pour les Irakiens qui, du coup, savent qu'ils ne doivent pas se marier ce jour-là, vu que les mariages restent quand même une des cibles favorites de l'aviation américaine...

Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015).

Posté(e)

un truc qui m'enerve c'est quand ils disent :

Et goal!!!

Posté(e)

a croire que libé lit le forum héx@ : Article de ce matin.

Le franc parler sur la touche

«Seule la vérité du terrain compte» ; «Le plus fort a gagné ce soir» ; «On va continuer à travailler»... Le monde du football cultive les formules toutes faites et dénuées de sens. Décryptage d'une langue de bois, qui rime avec succès et enjeux financiers.

L'arbitre vient de «délivrer les équipes». Le match a enfin «touché à son terme». Les commentateurs délaissent leurs postes pour rejoindre les vestiaires embués où les héros du soir, simplement vêtus, se congratulent. Puis, en solo, le capitaine de l'équipe, torse poil, serviette en paréo, s'avance vers le journaliste de la télévision ayant chèrement acquis le droit de partager ce moment. Alors heureux ? «On savoure le résultat car l'essentiel est de prendre du plaisir», rétorque-t-il aussi sec.

Bienvenue dans le monde merveilleux du foot où la langue d'ébène est enracinée. Un gazon béni pour les caricaturistes de tout poil et sur lequel les «coaches» en communication prospèrent. Un terrain peuplé de «groupe qui vit bien ensemble», où chacun s'accorde à reconnaître que «le plus important est de prendre les matchs les uns après les autres» et cela «sans se poser de questions», où les vainqueurs «ne veulent retenir que la victoire».

Lieux communs et mimétisme

Chez ces gens-là, on cause en crypté. On jongle avec les tabous, business oblige. L'argent qui coule à flots ? Evoqué façon puzzle. Exemple : «Le club m'a manqué de respect» signifie qu'il manque un zéro sur le chèque ; son contraire : «J'ai signé ici car j'ai adhéré au projet.» Les joueurs ne sont pas les seuls concernés. Les dirigeants n'hésitent pas non plus à cultiver les formules de circonstance. Ainsi, les soirs de défaite, ils ne manquent jamais de nous rappeler que «le foot reste un jeu» ou lâchent, la main sur le coeur, que «seule la vérité du terrain compte».

Le foot possède donc sa langue officielle. Le principe de base ? Lancer une vérité absolue, du genre «le plus fort a gagné ce soir», suivie d'un voeu pieux, par exemple «on va continuer à travailler», les deux formules étant reliées par la très tendance conjonction de coordination «à partir de là». «Ces lieux communs sont nés d'un phénomène de mimétisme. Chacun écoute ce que dit l'autre et le reproduit», explique Jean-Louis Morin, directeur de Sport ­ Communication et Evénements.

Le parallèle entre le foot et la politique intéresse le linguiste Dominique Desmarchelier qui, avec le politologue Denis Barbet, planche sur le sujet pour la revue Mots. «C'est du Canada Dry argumentatif, qui a l'allure de l'argumentation mais qui n'en est pas», dit Desmarchelier qui note que, dans le football, «on fait dans le viril, mais correct, et les antiphrases du type "je retiens que l'on n'a pas perdu"», et, en politique, «on convoque les opinions généralement admises avec conviction».

Un milieu où règne l'omerta

Depuis cinq ans, Jean-Louis Morin, ancien journaliste radio aujourd'hui à son compte, organise des stages de communication et des medias training ouverts à ceux qui portent flottants ou survêtements. Il a réussi à s'incruster auprès des entraîneurs en formation et pris l'habitude de commencer son cours par une sélection d'expressions cultes pour en souligner la platitude. «J'aime beaucoup : on a su élever notre niveau de jeu.» Parfois les acteurs eux-mêmes s'en amusent. Ainsi, Jérôme Alonzo, le gardien du Paris SG, déclarait récemment : «Bon, je ne vais pas vous dire qu'on va jouer les matchs les uns après les autres, car, comme vous le savez, de toute façon, on ne peut définitivement pas les jouer tous en même temps.»

Alors pourquoi diable le football s'enferre-t-il dans sa caricature ? «En faisant ces réponses-types, on est dix fois moins emmerdé», répond Michaël Landreau, le gardien de but international du FC Nantes. Sortir du cadre, c'est s'exposer aux représailles. L'année passée, ce dernier s'est démarqué en fustigeant la mauvaise gestion de son président et les limites de son entraîneur. «Je ne regrette rien, même si la suite n'a pas été simple», concède-t-il. Certes, le président et l'entraîneur ne sont plus là, mais Michaël Landreau a dû faire face à la critique du monde du foot qui lui reproche de «laver son linge sale en public». Symptomatique d'un milieu où règne l'omerta.

Les clubs, mués en entreprises de spectacle, s'évertuent à mettre au point une tactique de communication de plus en plus agressive et encadrée. «On représente un club, des joueurs et finalement sa société, du coup on ne peut pas dire n'importe quoi», justifie Guy Lacombe, l'ex-entraîneur de Sochaux (évincé de son poste cet été après un long bras de fer médiatique l'opposant à son président). «En France, dès qu'il y a un minimum de pognon en jeu, quel que soit le secteur d'activité, il vaut mieux s'écraser», lâche Jacques Glassmann. L'ancien joueur de Valenciennes, qui est pourtant celui qui a brisé la loi du silence en 1993 dans l'affaire OM-VA, se défend d'être un exemple : «J'ai été confronté à une chose grave que je ne pouvais pas garder pour moi, c'est dans ce cadre que j'ai brisé la langue de bois.» Aujourd'hui responsable de la reconversion des joueurs auprès de l'Union nationale des footballeurs professionnels (UNFP), il conclut : «Pourquoi est-ce que le foot échapperait à une langue de bois qui touche toute la société ?»

«La langue de bois est de mise dans un souci d'autodéfense, argue Guy Lacombe. Les médias ont un rôle extraordinaire, et la moindre de nos déclarations, rapportée souvent hors contexte, peut nous causer un tort terrible», ajoute-t-il. Sollicité par Libération, Raymond Domenech, le sélectionneur national, n'a pas souhaité prendre part au débat : «Vu les rapports avec la presse à l'heure actuelle, Raymond préfère se contenter des conférences de presse minimum», répond-t-on à la Fédération française de football. Dernièrement, le dieu Zizou lui-même s'est mis en colère suite aux exégèses liées à sa résurrection en Bleu : «J'ai fait des articles et des interviews où j'ai voulu dire aux personnes comment j'étais. A partir d'aujourd'hui et suite à ces réactions pénibles, je n'aurai plus rien à dire et je ne dirai donc plus que le strict minimum.» Ainsi soit-il.

Première victime de ce système, le joueur. «En gros, pour la majorité des gens, c'est une truffe qui gagne plein de fric», résume Jean-Louis Morin. «Les gens peuvent penser ce qu'ils veulent, mais on est 500, il ne faut peut-être pas faire de généralités», ajoute Michaël Landreau. «Il faut aussi savoir que les questions des journalistes ne respirent pas toujours l'intelligence», explique Pierre Ménès, journaliste à l'Equipe pendant vingt ans, qui vient de rejoindre le Stade de Reims au titre de responsable de la communication et du recrutement.

La victoire des Bleus à la Coupe du monde de 1998 a accéléré et amplifié le phénomène. Les joueurs ont dû composer avec une notoriété nouvelle et un cadre qui dépassait le simple jeu de tête ou la puissance du tacle glissé. Propulsés sous les sunlights, Zidane, Barthez, Lizarazu et consorts ont enchaîné les plateaux télé, leurs histoires de coeur squattent les unes des magazines people, et ils n'en finissent plus de boire de l'eau minérale ou d'embrasser des hamburgers. Et la décrue n'est pas pour demain. Pour s'en convaincre, il suffit de rappeler que Canal + a décidé de débourser 600 millions d'euros par an pour crypter en exclusivité les trois prochaines saisons du championnat de France. Avec pas moins de trois matchs par semaine et autant d'interviews à chaud. Les footeux squattent la lucarne.

Boom des coachs en communication

«Personne n'est préparé à participer à Drucker, glisse Christophe Kukawka. Les footballeurs n'allaient pas devenir des présentateurs TV du jour au lendemain.» Cet ancien journaliste et responsable des relations extérieures du Paris SG est aujourd'hui patron d'une agence de com. Il envisage aussi de proposer ses services comme consultant auprès des clubs.

La profession de «coach en communication» a le vent en poupe. Des journalistes, dont certains en activité, proposent des stages intensifs en technique d'interview et conseillent les dirigeants sur la conduite à tenir. Des clubs réceptifs ont intégré chacun un homme de communication. L'ensemble des clubs de Ligue 1 ont désormais chacun leur site Internet où s'enchaînent les communiqués, les «informations» ou les interviews de joueurs. Une voix officielle qui ne peut dérailler.

L'insoumis et son «sac à merde»

A l'image de ce qui se passe en Espagne ou en Angleterre, les clubs français lancent leurs chaînes de télévision. Après OM TV, créée en 1999 (accessible via le satellite et qui annonce 27 000 abonnés), Lyon, quadruple champion de France, a lancé son canal 100 % foot (OL TV) à la mi-août. Le Toulouse FC développe TFC TV (visible sur la chaîne régionale Télé Toulouse). Enfin, les joueurs ne s'en laissent pas conter et s'offrent eux aussi leur tribune. Sur leurs sites «perso», ils livrent leurs vérités «officielles», leurs états d'âme et pseudo-confidences. A l'exemple de Zidane, annonçant sur le Web son retour en Bleu. A l'heure du tout-business et de l'explosion du haut débit, le support possède en outre l'avantage d'être lucratif.

Peut-être surgira-t-il un insoumis dur sur l'homme comme Eric Cantona qui traita, par exemple, le sélectionneur des Bleus de «sac à merde», quand il ne jouait pas l'Aristote habile de ses deux pieds : «Je joue pour me battre contre l'idée de perdre.» Il ne faut jamais dire jamais, mais l'époque est davantage à la positive attitude. «Qui aujourd'hui a envie d'entendre que machin est une buse et l'entraîneur une crêpe ?» interroge Patrick Mignon, sociologue à l'Institut national des sports et de l'éducation physique (Insep). Le footballeur doit désormais «savoir gérer ses émotions». Tout est dit.

Moralité : «Ne nous enflammons pas», comme disent les intrépides du ballon, et, si agressivité il y a, elle doit être «dans le bon sens du terme». De toute façon, on s'arrêtera davantage sur son fameux pied gauche ou sa féline technique, «le reste, comme dirait Thierry Roland, n'est que littérature» .

unvraistadeetvite46860.gif
Posté(e)
A propos des journalistes belges, je ne résiste pas à la tentation de remettre ici cet article paru dans un grand quotidien "d'outre-quiévrain".

<{POST_SNAPBACK}>

Cet article est à lui seul une mantagne infranchissable pour le commun de nos journalistes, et une merveille absolue de dérision qu'aurait apprécié Desproges.

:fande:

unvraistadeetvite46860.gif
Posté(e)

Je note dans la démonstration une belle pirouette journalistique qui s'amorce avec une analyse tordue de l'épisode Landreau.

«En faisant ces réponses-types, on est dix fois moins emmerdé», répond Michaël Landreau, le gardien de but international du FC Nantes. Sortir du cadre, c'est s'exposer aux représailles. L'année passée, ce dernier s'est démarqué en fustigeant la mauvaise gestion de son président et les limites de son entraîneur.

Cette petite phrase, c'est le tournant : après avoir commencé en dénonçant l'emploi systématique d'un jeu réduit de lieux communs dans toutes les analyses footballistiques, qu'elles viennent des joueurs ou des commentateurs, vroumm ! carrefour, virage à 90°. Désormais, on signale que la langue de bois n'est qu'une face de l'omerta d'un milieu qui n'aime pas les vérités pas bonnes à dire, et que donc, en fin de compte, tout ça est de la faute des joueurs, de la politique de comm des clubs, et du Milieu - évoqué de façon peu reluisante grâce à la remise sur le tapis de VA-OM, et même, en fin de compte, du public, qui "n'a pas envie d'entendre que".

C'est zapper de la forme au fond, abandonner brusquement les reproches faits aux commentateurs, et en plus, assimiler la langue de bois à la platitude et la pauvreté du langage, alors que ce n'est pas du tout la même chose.

Finalement, au lieu de continuer, comme on l'espérait, à fustiger la pauvreté du français qui se parle autour du football, on a dénoncé l'omerta qui règne dans le milieu louche du foot business : sombrant sans le dire dans le travers même qu'on aligne en fin de texte ("le pognon c'est pas propre"), on a, par contre, dédouané les collègues qui sévissent dans les colonnes d'autres journaux, quotidien ou bi-hebdomadaires. Parce que bon, c'est quand même des collègues, on va pas insister lourdement sur le fait qu'ils ne sont pas capables de faire plus qu'aligner les banalités sur la brochette, comme n'importe quel joueur dûment briefé par le resp comm de son club. Faut pas déconner, hein non plus.

Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015).

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