Posté(e) le 12 mai 200619 a comment_135071 Football: les Verts en 1976, un printemps éternel SAINT-ETIENNE (Reuters) - En mai 1976, les Français se demandent avec Sylvie Vartan ce qui fait pleurer les blondes, Albert Spaggiari prépare le casse du siècle dans les égouts de Nice et l'AS Saint-Etienne entre dans la légende du football. A cette époque, l'âge préhistorique de la télévision, les retransmissions sportives sur le petit écran commencent parfois ainsi: "L'ASSE joue en maillot vert, en sombre pour ceux qui n'ont pas de récepteur couleur." Le 12 mai, chose inconcevable aujourd'hui à l'heure des droits télévisés exclusifs arrachés à dizaines ou centaines de millions d'euros, la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions qui oppose le Bayern Munich, double tenant du titre, aux Verts de Saint-Etienne est retransmise en direct sur TF1 puis en différé sur Antenne 2. Cette finale marque l'apogée de la folle campagne européenne des hommes de Robert Herbin, de la qualification miraculeuse en quart de finale face au Dynamo de Kiev à la demi-finale dans la douleur face au PSV Eindhoven. A 21h15, l'arbitre hongrois de la rencontre, Karoly Palotai, donne le coup d'envoi dans l'Hampden Park de Glasgow, sous les yeux de 70.000 spectateurs, dont 25.000 sont venus de France. Il a plu dans la matinée sur la ville écossaise. Le temps est clément en ce début de soirée. La suite est connue. La frappe de Dominique Bathenay puis, six minutes plus tard, la tête de Jacques Santini, toutes deux repoussées par la barre transversale; le coup franc assassin de Franz Roth à l'heure de jeu. La malédiction des poteaux carrés est en marche. Pourtant, à leur retour en France, les Verts sont reçus avec tous les honneurs par le président Valéry Giscard d'Estaing. Avant la réception, il y a eu l'hallucinante descente des Champs-Elysées, au milieu d'une foule de plusieurs dizaines de milliers de personnes venus acclamer les perdants. LES PERDANTS MAGNIFIQUES Trente ans après la défaite de Glasgow, l'engouement suscité par ces perdants magnifiques à la tunique verte, couleur d'espérance, couleur de printemps, résiste contre vents et marées. De caisse noire en faux passeports, de valse des dirigeants en tourbillon des entraîneurs (1), les Verts, qui n'ont plus gagné le moindre titre depuis un quart de siècle, continuent d'attirer les foules: 45.000 personnes au Stade de France pour affronter le Red Star en mars 1999 en deuxième division. Avec l'humour mordant qui les caractérise, Les Cahiers du football, magazine "de foot et d'eau fraîche", parlent de "l'exploitation nostalgique d'un mythe défaitiste". Pour un peu, les thuriféraires de l'épopée verte se retrouveraient classés parmi les déclinologues. Pas sûr. Car l'épopée verte s'inscrit dans un contexte précis, et le mythe qui perdure depuis plonge ses racines dans un terreau fertile. LE PRINTEMPS DU FOOT FRANÇAIS Au sortir de l'hiver 1976, la France n'existe plus sur la carte du football. Depuis les deux finales perdues par Reims (1956 et 59), aucun club français n'a atteint les sommets. En sélection, le bilan est encore plus famélique. La "génération suédoise", demi-finaliste en 1958, n'a pas d'héritiers ; la dernière participation à une Coupe du monde remonte à 1966. L'époque n'est pas non plus à la surmédiatisation du championnat de France et les rivalités parfois artificielles entre clubs ne sont pas encore de mise. Toute la France du football peut donc embrayer sur les exploits des Verts sans avoir le sentiment de trahir le "club de son coeur". L'épopée verte coïncide aussi avec la montée en puissance de la télévision. De la saga rémoise ne subsistent que des extraits en noir & blanc. Avec l'aventure européenne de Jean-Michel Larqué et Cie, on découvre le foot en direct à la télévision. "Et les Verts offrent aux Français des scénarios incroyables, des renversements de situation inespérés", souligne le journaliste lyonnais Jacques Tyrol, auteur des Exploits français en Coupe d'Europe (Ed. Solar), guère soupçonnable de prosélytisme vert. Perdre 4-1 à Split et se qualifier 5-1 au match retour. Perdre 2-0 à Simféropol, buter une heure durant au retour sur l'organisation de fer des Soviétiques, souffrir lorsque Oleg Blokhine se présente seul devant Curkovic à la 65e, souffler avec le sauvetage miraculeux de Lopez, espérer quand Hervé Revelli marque sur la contre-attaque, exulter avec Larqué qui égalise sur un maître coup franc (72e) puis chavirer quand Rocheteau dans la prolongation expédie les Verts au paradis : ces émotions-là ne disparaissent pas. Ce matin-là, derrière le grillage du centre d'entraînement de L'Etrat, près de Saint-Etienne, Frédéric Broc pointe un autre élément décisif de la passion verte. Ce trentenaire stéphanois exilé à Toulon depuis huit ans a profité des vacances pour venir avec ses deux fils, les jumeaux Kevin et Kellian, 5 ans. "C'est la première fois que je les amène ici. Les Verts, ils en entendent parler depuis qu'ils sont tout petits. C'était important qu'ils les voient, parce que ce maillot vert représente mes racines", dit-il. Dans les années 1976, époque de choc pétrolier, fin des trente glorieuses, Saint-Etienne plonge dans la crise. Fermeture des mines de charbon, déclin de Manufrance, restructurations. D'une certaine façon, le début de la fin du monde ouvrier qui se sent chez lui à Geoffroy-Guichard, stade à l'anglaise dont les tribunes populaires furent construites avec les remblais d'un crassier voisin (2). Un monde qui se reconnaît dans les valeurs que porte alors l'équipe: de la solidarité, du travail, pas d'ego surdimensionné. De la sueur, et des "joueurs qui vont au charbon", comme le réclament aujourd'hui encore les supporters de L'Etrat. UN MONDE DE TOUS LES POSSIBLES Sur le site poteaux-carres.com, une maxime de Saint Augustin revient régulièrement qui légitime la passion verte: "Celui qui se perd dans sa passion a moins perdu que celui qui perd sa passion." "La passion fait de nous un peuple sans raison", proclament les Green Angels, l'un des cinq groupes reconnus de supporters. Cette passion pour l'ASSE, cette "cote d'amour totalement déconnectée de ses résultats sur le terrain", Stéphane Olry et Corine Miret, auteurs et comédiens, ont voulu l'interroger. Des entretiens menés avec 42 Stéphanois, ils ont tiré une pièce, simplement intitulée "Mercredi 12 mai 1976" (3). "Nous étions partis avec une idée sociale - les années 1970, la crise -, nous avons découvert de l'émotion pure", explique Stéphane Olry dans leur appartement parisien où des friandises aux couleurs de l'ASSE remplissent une coupelle. "Je me souviens d'un homme, orphelin, arrivé par hasard à Saint-Etienne, spectateur par hasard également d'un match. Quand il s'est retrouvé dans le kop, nous a-t-il dit, il a compris qu'il avait trouvé une famille." "La nostalgie que les gens peuvent avoir sur 76, c'est la nostalgie de l'enfance et de la foi qu'on peut avoir à ce moment-là dans la vie, on croit des choses incroyables, et qui se réalisent avec ces renversements de situation, ces matches perdus que l'on gagne", ajoute-t-il. Et Corine Miret de compléter le propos : "Une équipe qui a porté cela ne peut que rester dans le coeur des gens." (1) Depuis 1976, de l'emblématique Roger Rocher, mort en 1997 après avoir été mis en détention préventive et condamné dans l'affaire de la caisse noire, à Bernard Caïazzo, actuel dirigeant du club, pas moins de onze présidents se sont succédé à la tête de l'ASSE. De Robert Herbin à Elie Baup, dix-sept entraîneurs ont tenté l'aventure. Série en cours, puisque ce dernier partira en fin de saison. (2) in Le Douzième homme, de Jérôme Sagnard et Jérôme Bernard-Abou (Ed. Allan Sutton). (3) en novembre prochain à Montreuil-Bellay (49), en décembre à Strasbourg (67), en janvier à Poitiers (86). Modifié le 12 mai 200619 a par JTABG69 Signaler
Posté(e) le 12 mai 200619 a comment_135074 et voilà comment l esprit du beautiful loser, inventé par Poulidor, s'est propagé en 1976 Signaler
Posté(e) le 12 mai 200619 a comment_135092 et voilà comment l esprit du beautiful loser, inventé par Poulidor, s'est propagé en 1976 charly, à mon avis, le mythe du beautiful loser, du perdant qui est magnifique parce qu'il "a tenu tête" quelque temps à l'affreuse machine qui l'écrase sous ses moyens supérieurs, il n'a pas été inventé par la saga Poulidor mais plutôt à partir de juin 40. Tu le trouves décrit tel quel dans "Pilote de guerre" de Saintex. ça ne prête pas à sourire parce que le sujet est autrement sérieux qu'une compétition sportive, mais quand il te remplit des pages sur le thème "on a envoyé 40 millions de paysans se battre contre cent millions d'ouvriers" et sur la victoire due à la toute-puissance de l'industrie teutonne, il n'y a quelques mots à changer pour croire lire, plus légèrement, des pleurnicheries franchouillardes contre les grandsclubseuropéens... Il est vrai qu'il n'avait pas les données de la réalité sous la main. M'enfin bref : à mon avis le culte de la belle défaite sans moyens à la française il naît là, parce qu'il fallait bien se raccrocher à quelque chose pour expliquer la défaite d'une armée qui se croyait la meilleure du monde, et qui aurait eu une chance de le rester. Tout ça pour dire que c'est autrement enraciné qu'une simple histoire de sport et de vélocipède. Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015). Signaler
Posté(e) le 12 mai 200619 a comment_135097 tu as raison, je m'étais arrêté au niveau du sport et pourtant dieu sait que je l'ai entendue cette vanne sur l'armée française en 40... "I surrender, I surrender, like the French army during WWII" Signaler
Posté(e) le 12 mai 200619 a comment_135100 tu as raison, je m'étais arrêté au niveau du sport et pourtant dieu sait que je l'ai entendue cette vanne sur l'armée française en 40... "I surrender, I surrender, like the French army during WWII" Et pourquoi pas "like US greens at Schnee Eifel" ? :furax: Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015). Signaler
Posté(e) le 12 mai 200619 a comment_135102 En tout cas 30 ans après, le business vert est assez florissant. Ils vendent je crois 30.000 maillots 1976 par an, plus 70.000 maillots actuels. Leur finances sont re-passées dans le vert (sans jeu de mot), la gestion semble en amélioration. Bref ça craint, ils vont revenir et nous foutre minable ! Déjà qu'on tremble devant Marseille... OL, ça l'fait. Signaler
Posté(e) le 12 mai 200619 a comment_135113 Prefere 28 jours plus tard, a 30 ans plus tard. Les reunions de vieux spa mon truc :x http://les-avalanches-footus.blogspot.com/ La seule verite est 4 8 15 16 23 42 Mieux vaut une taupe dans son jardin, qu'un jurassien comme voisin ! Proverbe Oyonnaxien Une tete, deux bras, deux jambes, cela peut etre n'importe qui ! Proverbe Shingouz '... soit vous faites votre sirop de vingt-et-un et vous dites "beau sirop, mi-sirop, siroté, gagne-sirop, sirop-grelot, passe-montagne, sirop au bon goût' Signaler
Posté(e) le 12 mai 200619 a comment_135168 En 76 je devais avoir a peu pres ...... 4 ans donc les poteaux carres et l epopee des lapins c est inconnu dans ma culture football :lol: Quand a un retour au premier plan il faudra encore patienter un peu dans les terriers du Forez :bravo: Signaler
Posté(e) le 13 mai 200619 a comment_135186 Cette finale 76, c'est un.....bon souvenir ....je l'ai vu en direct àl'époque, les poteaux carrés et puis le but de Franz Roth, on ne remerciera jamais assez ce joueur ! Signaler
Posté(e) le 13 mai 200619 a comment_135196 quand je vois tout ce foin, j'ai l'impression que ce serait la seule finale de C1 disputée par un club français. Non, il y en a eu 5 autres (dont 1 gagnée). Et ni Reims, ni l'OM de 91, ni Monaco ne font la fête... Signaler
Posté(e) le 13 mai 200619 a comment_135197 quand je vois tout ce foin, j'ai l'impression que ce serait la seule finale de C1 disputée par un club français. Non, il y en a eu 5 autres (dont 1 gagnée). Et ni Reims, ni l'OM de 91, ni Monaco ne font la fête... Il y a tellement rien a St Etienne aussi ... http://les-avalanches-footus.blogspot.com/ La seule verite est 4 8 15 16 23 42 Mieux vaut une taupe dans son jardin, qu'un jurassien comme voisin ! Proverbe Oyonnaxien Une tete, deux bras, deux jambes, cela peut etre n'importe qui ! Proverbe Shingouz '... soit vous faites votre sirop de vingt-et-un et vous dites "beau sirop, mi-sirop, siroté, gagne-sirop, sirop-grelot, passe-montagne, sirop au bon goût' Signaler
Posté(e) le 13 mai 200619 a comment_135210 Dans 5 ans ils font la fête pour leur 30 ans sans titre... :troplol: Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a comment_135238 C'est quand meme hallucinant cette culture de la loose... 30 ans après on arrose l'anniversaire d'une défaite..franchement une défaite, meme en finale ca s'arrose 30 ans plus tard ? http://www.cnotremariage.fr/mariagea4 Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a Auteur comment_135240 Dans 5 ans ils font la fête pour leur 30 ans sans titre... :troplol: Euh si, il y a un titre de L2 de 5-6 ans non ? Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a comment_135273 C'est quand meme hallucinant cette culture de la loose... 30 ans après on arrose l'anniversaire d'une défaite..franchement une défaite, meme en finale ca s'arrose 30 ans plus tard ? Chirac n'est-il pas allé célébré Waterloo ? Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a comment_135321 Chirac n'est-il pas allé célébré Waterloo ? Faut dire qu'on lui a interdit de célébrer Austerlitz "pour ne pas froisser les communautés". Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015). Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a comment_135323 C'est quand meme hallucinant cette culture de la loose... 30 ans après on arrose l'anniversaire d'une défaite..franchement une défaite, meme en finale ca s'arrose 30 ans plus tard ? Ca c'est la légende, une finale. Vous savez ce qui vous reste à faire pour pouvoir entrer dans la légende Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a comment_135325 C'est pour ça que pour multiplier les chances d'entrer dans la légende, l'OM se spécialise désormais dans la compétition où il y a trois finales et six finalistes, sans supplément de prix. De la finale Marque Repère Leclerc messieurs-dames ! Pourquoi payer plus ? Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015). Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a comment_135326 C'est pour ça que pour multiplier les chances d'entrer dans la légende, l'OM se spécialise désormais dans la compétition où il y a trois finales et six finalistes, sans supplément de prix. De la finale Marque Repère Leclerc messieurs-dames ! Pourquoi payer plus ? Mais cela reste quand mème une finale :bleh: Dans trente on fêtera l'anniversaire Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a comment_135328 Mais cela reste quand mème une finale :bleh: Dans trente on fêtera l'anniversaire Je pense pas qu'en 2027 on se fera chier à fêter l'anniversaire de notre victoire en Toto à nous Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015). Signaler
Posté(e) le 14 mai 200619 a comment_135344 L'OM champion en 2007 ça me rappelle cette phrase L'OM doit finir 3ème :troplol: merci Gaghoo :"Gillou avait raison hier soir à Troyes : Houllier aurait mieux fait de faire rentrer Sandrine Bretigny..." Signaler
Posté(e) le 15 mai 200619 a comment_135369 ça me rappelle cette phrase :troplol: Au fait t'as développé ton portable, on les attends toujours les photos de Milan. Si vous en voulez à Marseille on en a . Lesquelles preférez vous celle de 1991 ou de 1993 ? :troplol: Signaler
Posté(e) le 15 mai 200619 a comment_135382 Je pense vraiment que marseille va devenir la meilleur équipe de france moi ca me rapelle cette phrase :kisifflote: Signaler
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