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Liberte Sans Egalite ?

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Posté(e)

j'aime beaucoup cet edito du Monde

La question ne sera pas posée

George W. Bush veut changer le monde. Si nous ne l'avions pas compris, Condoleezza Rice est venue nous le rappeler, l'autre semaine. Son refrain : non au statu quo, vive la liberté ! Soigneusement mis en scène à l'Institut d'études politiques de Paris, le discours de la secrétaire d'Etat américaine cherchait à séduire en la réveillant notre vieille Europe assagie, parfois fatiguée, souvent résignée.  Puisque "nous sommes d'accord sur les menaces entremêlées auxquelles nous faisons face aujourd'hui", a- t-elle expliqué le 8 février, menons ensemble, Américains et Européens, ce combat pour "la propagation de la liberté".

Le médecin le plus ignare le sait : l'efficacité d'un remède est indissociable de la qualité du diagnostic. A cette aune, l'énumération précise des "menaces" n'est pas indifférente. Or la liste de Mme Rice est limitative, strictement sécuritaire : "Le terrorisme, la prolifération d'armes de destruction massive, les conflits régionaux, les Etats défaillants et le crime organisé." Des dangers qui pèsent sur la liberté des peuples du monde sont ainsi exclus les déséquilibres sociaux, les désordres environnementaux, les inégalités entre continents, pays et classes, l'opulence, voire le gaspillage des uns, la misère, voire la faim des autres, tout ce qui relève de l'écart entre riches et pauvres. La liberté de Condoleezza Rice ne se préoccupe pas de l'égalité.

UNE RÉVOLUTION BEL ET BIEN CONSERVATRICE

C'est même une liberté politique qui se conjugue avec l'inégalité sociale, et ne s'en cache pas. La veille du discours parisien de sa secrétaire d'Etat, le président Bush avait présenté son projet de budget pour 2006, dont l'exercice commencera en octobre 2005. Toutes les dépenses sécuritaires, du militaire au spatial, augmentent quand tous les budgets sociaux baissent. Logement et développement urbain, justice, environnement, transports, infrastructures ferroviaires, aide aux pays pauvres, lutte contre la drogue à l'école, combat contre l'illettrisme, etc. : qu'il s'agisse des douze ministères concernés ou de cent cinquante programmes spécifiques, ce ne sont qu'économies drastiques quand, dans le même temps, les recettes fiscales ont atteint, en 2004, leur niveau le plus faible depuis 1959 ! Les riches paient de moins en moins et les pauvres sont de moins en moins aidés. Socialement, la révolution de M. Bush et de Mme Rice est bel et bien conservatrice.

Il en va des beaux discours comme de n'importe quelle information. Ils méritent d'être recoupés, confrontés à leurs silences, replacés dans leur contexte. On aurait donc aimé que la discussion policée qui a suivi l'exposé de Mme Rice la place devant cette contradiction : quelle est la force d'une liberté qui, loin de se préoccuper des inégalités, les aggrave ? Quel niveau de pauvreté peut supporter une démocratie digne de ce nom ? Comment nos nobles idéaux pourront-ils séduire durablement des populations misérables si nous aggravons leur misère ?

UN MONDE PLUS INÉGAL QUE JAMAIS

La question n'est pas académique. En 2004, un rapport du PNUD sur la démocratie en Amérique latine, continent qui commence le siècle avec un nombre de régimes démocratiques sans équivalent dans son histoire, révélait qu'une majorité de latino-américains étaient néanmoins prêts à soutenir un régime autoritaire s'il résolvait les problèmes sociaux. Pourtant, ces dernières années, la pauvreté a apparemment diminué en Amérique latine, en pourcentages globaux du moins. Mais, dans le même temps, le fossé social n'a cessé de se creuser : de nos jours, les 10 % les plus pauvres y ont quarante fois moins de revenu que les 10 % les plus riches, contre vingt-quatre fois moins il y a vingt ans.

Certes plus riche, notre monde globalisé est surtout plus inégal que jamais. Comment s'étonner, dès lors, pour s'en tenir à l'exemple latino-américain, du succès du populisme d'Hugo Chavez ou de la popularité maintenue de la dictature castriste ? C'est la question dérangeante que suggérait cette enquête du PNUD, soulignant que la citoyenneté sociale n'est pas un luxe, mais une condition démocratique et que la lutte contre les inégalités est, en fait, un gage d'efficacité économique.

A Paris, la question sociale n'a pas été posée à Condoleezza Rice. C'eût sans doute été une interpellation fâcheuse, comme celle de cet étudiant homonyme de fils de ministre sur l'impopularité de George Bush au Moyen-Orient qui fut préventivement écartée, au risque du ridicule pour la réputation de Sciences-Po et de son école de journalisme. Le social est devenu la question qui fâche, le gros mot de nos temps de "deuxième Restauration", pour reprendre l'image du philosophe Alain Badiou (Le Siècle, Seuil, 22 euros). Paradoxalement, quand les maîtres de notre époque prétendent changer le monde, c'est pour ne rien changer au réel. Sous l'obsession sécuritaire gît l'immobilisme social.

Posté(e)

Facile de répondre à la place d'un bushiste cynique : vous en voyez des manifs sociales aux USA ? Des grèves ? En clair, elle s'exprime la demande sociale pour plus d'égalité ? Non. Elle existe sans doute, mais elle ne fait pas les élections. C'est la question du terrorisme qui fait les élections. Les Républicains auraient donc "tort" de se soucier de ces pauvres qui ne votent même pas, et militent encore moins.

Personnellement, je crois qu'on ne peut pas s'interroger sur la politique économique et sociale des Républicains sans s'interroger sur la faiblesse (historique d'ailleurs) du mouvement social américain, comparé à celui des grands pays européens.

Posté(e)
  • Auteur

En l'occurence, Hugo, il me semble que l'edito depasse le probleme de la politique interieure US. Mais puisque tu en parles, je me permets 2 commentaires:

- ce n'est pas la question du terrorisme, ni celle de l'Irak qui a permis l'election de Bush, c'est avant tout parce qu'il a eu l'habilete de faire croire que les Democrates allaient imposer le mariage gay et augmenter les impots.

- le mouvement social n'existe pas aux US parce que les principaux concernes (i) ne votent pas (50% d'abstention environ) et (ii) ont particulierement interet a se tenir a carreau car ce sont pour l'essentiel des immigres, le plus souvent illegaux.

Revenons a l'article qui parle surtout de la politique exterieure des US.Ce que je comprends de l'article:

- c'est que la question de la securite des US et d'une facon generale du monde occidental (question legitime) n'est pas seulement un probleme geopolitique, mais aussi (surtout?) un probleme economique.

- le besoin de manger est superieur au besoin de democratie.

Posté(e)
En l'occurence, Hugo, il me semble que l'edito depasse le probleme de la politique interieure US.

Moi je dis tout simplement que l'intention première des Républicains c'est de se faire élire et que ce ne sont pas les Européens ni les Sud-Américains qui votent aux Etats-Unis. La politique étrangère d'un pays est d'abord la déclinaison de rapports de force internes.

- la question de la securite des US et d'une facon generale du monde occidental (question legitime) n'est pas seulement un probleme geopolitique, mais aussi (surtout?) un probleme economique.

L'administration Bush ne l'a pas compris, c'est clair. Mais ça s'explique facilement.

- le besoin de manger est superieur au besoin de democratie.

Voilà une question qu'elle est complexe !... Je vais te poser une question complexe aussi : l'histoire du bloc de l'Est ne laisse-t-elle pas penser le contraire ?

Posté(e)
Je vais te poser une question complexe aussi : l'histoire du bloc de l'Est ne laisse-t-elle pas penser le contraire ?

<{POST_SNAPBACK}>

Pas sûr que dans les pays de l'ex-URSS (je pense à l'Arménie, parce que c'est ce que je connais le mieux) où la situation est vraiment critique, où manger justement devient réellement problèmatique pour une large frange de la population, on ne soit pas d'accord avec Section.

Il y a pays de l'Est et pays de l'Est :D

Glurp

Hexa.jpg

Posté(e)

Mais en Tchécoslovaquie, ils ont fait le printemps de Prague parce qu'ils avaient faim ? Solidarnosc, c'était un syndicat de crève-la-faim ?

Posté(e)
Mais en Tchécoslovaquie, ils ont fait le printemps de Prague parce qu'ils avaient faim ? Solidarnosc, c'était un syndicat de crève-la-faim ?

<{POST_SNAPBACK}>

Non, justement :D

Glurp

Hexa.jpg

Posté(e)

La problématique évolue me semble-t-il.

On est parti de "la politique de l'administration Bush se soucie-t-elle des inégalités ?", qu'elles soient au niveau mondial ou intérieur, c'est le thème de l'édito,

... à "les conditions matérielles sont-elles plus ou moins importantes que la démocratie (j'aurais plutôt dit liberté) ?"

Or ce n'est pas du tout la même question.

Tant je n'assimile pas spécialement la politique de Bush à la liberté (même si c'est le discour officiel) et encore moins inégalités et conditions matérielles (une population peut être pauvre de manière égalitaire ou au contraire riche mais avec de grosses disparités).

A la première questions, celle de l'article, je dirais qu'effectivement les inégalités ne constituent sans doute pas la priorité de l'administration Bush qui juge apparemment qu'il y a des choses plus urgentes et importantes à ce jour pour l'Amérique. Il me semble que gouvernement US estime que son travail est de garantir la sécurité intérieur et que ceci passe par plus de démocratie dans le reste du monde. On peut être d'accord ou pas avec cette analyse et les moyens qu'il faudrait mettre en oeuvre pour atteindre cet objectif mais c'est comme ça.

Vient ensuite l'autre question : Mon assiète ou ma liberté ? Je suis intimement convaincu que la liberté est le bien le plus précieux de l'homme. Prend un esclave, traite-le bien, nourris-le bien, il n'aura quand même qu'un objectif : la liberté. Et il sera sans doute prêt à prendre des risques pour la recouvrer si l'opportunité se présente.

A contrario Section a quand même raison, a quoi bon être libre si je n'ai rien dans mon assiète ?

Mais j'estime que la question est très mal posée car pourquoi diable opposerait-on liberté et confort matériel ? L'un serait-il l'ennemi de l'autre ?

Je dis que non seulement c'est faux mais qu'au contraire les deux sont liés. On voit très bien que les peuples les plus libres sont les plus riches et que là où la liberté est confisquée les privations vont avec (mis à part pour l'élite qui oppresse sa population). Il y a en vérité une correllation assez nette entre liberté politique et niveau de vie.

En revanche je préfère ne pas commenter plus en détail l'article car je suis en vacances et je n'ai pas envie de m'énerver, ça ne serait pas bon pour ma tension :D C'est un condensé assez impressionnants des lieux communs à la mode actuellement. ;)

OL, ça l'fait.

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