Aller au contenu
View in the app

A better way to browse. Learn more.

Hex@gones

A full-screen app on your home screen with push notifications, badges and more.

To install this app on iOS and iPadOS
  1. Tap the Share icon in Safari
  2. Scroll the menu and tap Add to Home Screen.
  3. Tap Add in the top-right corner.
To install this app on Android
  1. Tap the 3-dot menu (⋮) in the top-right corner of the browser.
  2. Tap Add to Home screen or Install app.
  3. Confirm by tapping Install.

Les Succes Du New Labour

Featured Replies

Posté(e)
En huit ans, le "blairisme" a fait reculer le chômage et lancé la réforme des services publics

LE MONDE | 30.04.05 | 15h21

Alors que le Royaume-Uni s'apprête à voter, le 5 mai, pour les élections parlementaires, beaucoup d'idées reçues circulent en Europe, notamment en France, sur le travaillisme britannique. La Grande-Bretagne de Tony Blair incarnerait, jusqu'à lacaricature, le néolibéralisme à l'anglo-saxonne, dévoué aux maîtres de la City et cruel avec les plus pauvres. Dans la bouche d'une partie des hommes de gauche français, le mot "blairisme" sonne comme une insulte. La réalité quotidienne, chiffrée et vécue, de la majorité des Britanniques n'a pourtant qu'un lointain rapport avec cette vision simpliste ­ voire diabolisante ­ d'une pratique économique et sociale qui, depuis huit ans, a produit de la richesse en s'efforçant de mieux la répartir.

Dans les années 1980, Tony Blair, Gordon Brown et leurs amis, consternés par le naufrage doctrinaire de leur parti, incompris et rejeté par l'électorat, rêvaient d'un travaillisme moderne, capable d'allier à nouveau efficacité et équité. Tirant les leçons du succès de Bill Clinton, ils aspiraient à reconquérir la "Middle England" , la classe moyenne qui avait déserté le Labour pour les tories de Margaret Thatcher. Après leur arrivée triomphale au pouvoir, en 1997, ils ont mis en ?uvre leurs idées. Obsédés par la nécessité de réconcilier la gauche et le marché, les chefs du New Labour ont conservé ce qui, dans l'héritage de Mme Thatcher, semblait avoir contribué à la renaissance économique de la Grande-Bretagne : l'encouragement de l'esprit d'entreprise, la privatisation de certains secteurs publics, la souplesse de la réglementation, la libéralisation du marché du travail.

Ces règles du jeu sont aujourd'hui admises du plus grand nombre. Lors de la récente mort annoncée de la marque automobile Rover, pas un syndicat n'a demandé son sauvetage par l'Etat, ni une renationalisation du constructeur.

Se proclamant le "parti des milieux d'affaires" , lorsqu'il cajole le patronat, le New Labour a imposé sa compétence gestionnaire, notamment grâce au talent du chancelier de l'Echiquier, Gordon Brown, au point que, dans toutes les enquêtes d'opinion, il devance désormais de 20 points les conservateurs sur ce chapitre. La bonne santé de l'économie britannique témoigne de cette réussite ­ croissance forte, taux de chômage faible (4,7 %), inflation jugulée, taux d'intérêt au plus bas, déficit budgétaire modeste ­ qui contraste avec le marasme de l'Allemagne et de la France. Elle résulte d'une politique qui privilégie la matière grise, encourage l'innovation, la recherche et les coopérations entre Université et industrie.

Les travaillistes ont surtout fait reculer le chômage, ce cancer qui a longtemps rongé le pays. Convaincus que l'emploi rémunéré est le plus sûr moyen d'échapper à l'exclusion, ils ont réhabilité l'éthique du travail et découragé le chômage de longue durée. Avec pragmatisme, ils ont mené une politique cohérente et obstinée, recourant en même temps aux "carottes" et aux "bâtons" et ciblant des catégories précises de la population.

Cette politique incite fortement les chômeurs à trouver un "job" par un mélange de contraintes légales, d'avantages fiscaux, d'assistance familiale et d'aides à la formation. Elle vise à donner ­ ou à redonner ­ confiance au demandeur d'emploi, à enrichir son expérience tout en le responsabilisant. Elle fait école puisque les "job centres" britanniques ont servi de modèle aux "maisons de l'emploi" de Jean-Louis Borloo, ministre de l'emploi et de la cohésion sociale. Résultat : les Britanniques n'ont jamais été aussi nombreux à travailler. Il y a, de plus, en Grande-Bretagne, beaucoup moins de contrats à durée déterminée (CDD), de travail temporaire et d'emploi à caractère juridique discriminatoire qu'en France. Dans le même temps, la durée hebdomadaire de travail diminue, se rapprochant de la moyenne européenne.

Malgré un déclin relatif, partagé par d'autres pays européens, dont la France, la Grande-Bretagne reste la cinquième puissance industrielle du monde. La part de l'industrie dans son produit intérieur brut (PIB) est légèrement supérieure à celle de la France, et son taux de syndicalisation beaucoup plus fort (7,3 millions d'adhérents au TUC).

Tony Blair et Gordon Brown se disent et se veulent des "hommes de gauche" . Ils croient au contrat social, à l'intérêt public ­ allié ou non au privé ­ à la nécessité d'aider les plus défavorisés. Soucieux, pendant leur premier mandat, d'instaurer leur renommée gestionnaire, de gagner la confiance des milieux d'affaires et d'encourager l'emploi, ils n'ont guère contrarié les intérêts du patronat. Mais ils ont tenu leur principale promesse sociale : l'introduction, en 1999, du salaire minimum, qu'ils ont fait progresser plus vite que l'inflation et le niveau du salaire moyen. En octobre 2005, le salaire minimum aura augmenté, en six ans, de 40 %.

Pendant son deuxième mandat (2001-2004), le gouvernement travailliste a investi massivement dans le contrat social et dans sa grande oeuvre : la modernisation des services publics ­ santé, éducation, transports. En bon keynésien, partisan d'un interventionnisme précis, efficace et discret, Gordon Brown manie l'impôt et la dépense publique pour investir et redistribuer de la richesse aux plus pauvres. La politique des revenus est progressiste : les revenus des 20 % de Britanniques les plus défavorisés ont augmenté, en 2003-2004, de 1 % ; ceux des plus riches, eux, ont baissé de 1 % ; l'inégalité entre les revenus s'est légèrement réduite, pour la troisième année consécutive.

Contrairement à une idée reçue, le dessein politique de Tony Blair diffère profondément de celui de Mme Thatcher. Favorable à un Etat aussi "mince" que possible, elle jugeait indispensable de choisir entre la prospérité économique et l'investissement public, qu'elle a négligé. Tony Blair sait que la bonne gestion de l'économie est la clé d'une meilleure cohésion sociale. A l'inverse de Mme Thatcher, il estime que l'efficacité économique doit être au service d'un Etat-providence réinventé, et que ces deux réalités se renforcent mutuellement. Par le rôle positif qu'il continue d'accorder à l'Etat, son ambition est clairement sociale-démocrate.

Certes, le paysage blairiste présente encore bien des zones d'ombres : le quasi plein-emploi dissimule deux millions d'inactifs bénéficiaires d'indemnités pour incapacité au travail ; le nombre d'"enfants pauvres" baisse trop lentement ; les ménages, dont la consommation tire la croissance, sont lourdement endettés, notamment à cause de leurs crédits immobiliers ; les inégalités de revenus demeurent fortes ; la réforme des retraites reste à faire ; la modernisation des services publics donne des résultats inégaux : réels dans l'éducation, partiels dans la santé, franchement insuffisants dans les transports.

Jean-Pierre Langellier

Evidemment je ne suis pas partisan à 100% de la politique de Blair, mais de la gauche comme ça, en France, j'en veux bien tant qu'on veut !

Après le New Labour, à quand le New PS ? (si on pouvait faire un new UMP ce ne serait pas mal non plus car il est clair que Blair est plus libéral que Chirac)

OL, ça l'fait.

Posté(e)

Ce qui manque a la France, ce sont des hommes capables, bien plus que des projets politiques importes de l'etranger qui ne sont pas toujours applicables en France.

Et parmi les competences qui nous manquent, ce n'est pas tant la capacite a definir des projets (ca, c'est a la portee de finalement pas mal de gens), mais c'est la capacite a executer ces projets. Et la, le deficit est criant.

Ce week-end, je discutais avec quelqu'un responsable d'une grande SSII qui traite avec le Ministere de la Sante pour toutes les problematiques liees a la Carte Vitale notamment, le Dossier Medical Personnel (un nom comme ca), etc ...

Cette personne me racontait deja toutes les erreurs qui avaient ete commises au moment du lancement de la Carte Vitale. Et franchement, ca fait pleurer. Carte anonyme sans identification du porteur, pas de date d'expiration et autres joyeusetes qui sont une porte ouverte a toutes sortes d'abus. On estime (d'apres le Ministere) que 10 a 15% des consultations payees via la Carte Vitale permettent par exemple a des etrangers (notamment du Maghreb) a venir se faire soigner en France aux frais de la princesse.

Mais ce qui parait plus grave encore, c'est que le Ministere de la Sante a identifie assez clairement les sources de deficit des differentes branches de la Secu, notamment la branche maladie et que dans certains cas les solutions sont assez faciles a mettre en oeuvre pour des resultats qui pourraient etre rapidement satisfaisants. Eh bien, non, rien ne bouge, la personne que je connais a rencontre plusieurs fois les membres du cabinet de Douste et ils hesitent a mettre en oeuvre le plan "car le Ministre veut des plans a connotation positive, il ne veut pas que les mesures qui pourraient etre mises en oeuvre soient percues comme des controles".

C'est ca qui me parait vraiment hallucinant, cette faculte a ne rien faire alors que par ailleurs la Secu fait regulierement des campagnes de com. sans doute assez couteuses pour sensibiliser les Francais aux deficits.

Enfin, on a eu l'occasion d'en parler 1000 fois deja... Apres que ces gens-la se definissent liberaux, chretiens-democrates, socialistes, democrates sociaux ou je ne sais quoi, peu importe puisque ce sont d'abord et avant tout des incompetents qui ont bien compris que dans la Haute Administration, le plus important ce n'est pas de faire de faute, et que le plus simple pour ne pas faire de faute, c'etait bien sur de ne rien faire du tout.

Posté(e)
  • Auteur

Je suis assez d'accord sur ta conclusion (sur le reste je ne connais pas mais c'est sans doute vrai aussi). Le plus important ce n'est pas les étiquettes.

C'est justement pour ça que bien que libéral je souligne l'action de Tony Blair qui a eu le mérite de ne pas jetter aux orties ce qu'avaient fait d'efficace les gouvernements précédents, d'une couleur différente. Blair a au moins une grosse qualité, il est pragmatique.

Il me semble que c'était en France devant des étudiants type science po, qu'il avait déclaré qu'il n'y a pas des politiques de droite ou de gauche mais qu'il y a des politiques qui marchent et d'autres qui ne marchent pas.

Je crois qu'il faut quand même avoir des valeurs mais ce bon sens pragmatique est salutaire et, en effet, manque parfois à nos hommes politiques.

PS : histoire quand même ne pas être complètement d'accord avec toi, je consteste l'argument, sans cesse rabâché, sur les modèles venus de l'étranger qui ne seraient pas applicables en France à cause de "notre culture". Je ne pense pas qu'en France le chômage soit dans notre culture. Alors si d'autres réussissent là où nous échouons, soyons modestes et essayons de faire ce qui marche, peut importe qui a eu l'idée en 1er.

OL, ça l'fait.

Posté(e)
PS : histoire quand même ne pas être complètement d'accord avec toi, je consteste l'argument, sans cesse rabâché, sur les modèles venus de l'étranger qui ne seraient pas applicables en France à cause de "notre culture". Je ne pense pas qu'en France le chômage soit dans notre culture. Alors si d'autres réussissent là où nous échouons, soyons modestes et essayons de faire ce qui marche, peut importe qui a eu l'idée en 1er.

<{POST_SNAPBACK}>

:(

Autant certains apects de la politique de Tony Blair pourrait parfaitement s'appliquer et reussir en France aussi bien qu'elle a reussi en Grande-Bretagne, autant d'autres aspects de sa politique repondent a des problematiques purement britannico-britanniques et n'ont qu'un interet limite pour la France (et les autres pays).

De la meme facon qu'il me parait peu utile de chercher a l'etranger des recettes pour resoudre des problemes purement franco-francais.

C'est tout ce que je voulais dire.

D'une facon generale d'ailleurs, il n'y a pas de recette miracle. Du moins, la recette miracle, ce n'est souvent qu'une bonne dose de bon sens et beaucoup de courage pour proposer et faire accepter les mesures d'ajustement.

Modifié par Section Mai 2002

Posté(e)

Je n ai pas tout lu, n ayant pas eu le temps.

Je reagis juste sur le titre

Je suis tombe sur un reportage qui disait en gros

4.8% de chomage en GB ce qui est tres bien

Une croissance de 3%+

mais en GB, n y a t il pas des soucis avec

* les moyens de transport ?

* avec le systeme de sante ? ( un an d attente pour certaines operations )

* avec les retraites ? ( l etat donne 20% du salaire, les fonds de pensions ayant pris un coup )

* avec l emploi precaire ? ( c est bien d avoir un job, mais pour l avenir ? )

* avec 12M de personnes sous le seuil de pauvrete ?

-> est ce donc une telle reussite ?

http://les-avalanches-footus.blogspot.com/

La seule verite est 4 8 15 16 23 42

Mieux vaut une taupe dans son jardin, qu'un jurassien comme voisin ! Proverbe Oyonnaxien

Une tete, deux bras, deux jambes, cela peut etre n'importe qui ! Proverbe Shingouz

'... soit vous faites votre sirop de vingt-et-un et vous dites "beau sirop, mi-sirop, siroté, gagne-sirop, sirop-grelot, passe-montagne, sirop au bon goût'

Hexa.jpg

Posté(e)

Pour Blair, c'est surtout une réussite économique (croissance, "plein emploi", chômage bas...) parce que niveau social, peut mieux faire :

On se plaint du problème des retraites chez nous mais alors eux que devraient-ils dire ?!

Le gros point noir pour le gouvernement britannique ce sont surtout les hôpitaux où c'est une cata, mais là il faut carrément revoir tout le système de santé parce que c'est vraiment pas ça malgré un budget assez elévé.

Le succès britannique est indéniable au niveau économique (ça fait rêver presque) mais bon y a des points où on fait mieux.

Reste plus qu'à trouver un équilibre entre les deux :(

Blair sera certainement réelu jeudi, sa position sur l'Irak ne pèsera pas énormément dans la balance.

Ce que retiennent les gens (enfin à leur place je retiendrai ça), c'est plutôt la politique nationale, l'économie va très bien et le niveau de vie des Britanniques s'est amélioré et c'est bien là l'essentiel.

Et puis chez les Tories, la concurrence est pas au RDV. faudrait déjà qu'ils évitent de se bouffer la gueule pour être crédibles.

Posté(e)

Drolix, tu souleves, a juste titre, un certain nombre de difficultes structurelles de la GB, mais ca ne veut pas pour autant dire que Blair a echoue. Le systeme de sante est par exemple notoirement tres insuffisant et tres inferieur a ce que l'on voit dans les autres pays europeens, mais je crois que Blair a quand meme rectifie le tir, meme si leur situation actuelle reste en deca des standards europeens.

Sinon,

* avec l emploi precaire ? ( c est bien d avoir un job, mais pour l avenir ? )

* avec 12M de personnes sous le seuil de pauvrete ?

les 12 millions, ca m'interessait d'avoir la source. 8)

Quant a l'emploi precaire, j'imagine qu'evidemment il vaut mieux avoir a la place des chomeurs longue duree qui le moment venu pourront reprendre un emploi stable et epamouissant.

Posté(e)

Je vais repondre point par point :(

*12M : entendu d une source tele ce week end. Incapable de te dire sur quelle chaine.

*emploi precaire : Il me semble que j ai dis que c etait bien d avoir un job non ? Et j imagine qu avec 4.8% de chomeur il y a moins de longue duree que chez nous. Donc sur le fait qu il vaille mieux travail que de chomer j en conviens. Mais a croiser avec d autres chiffres, comme le chomage longue duree.

-> d une maniere generale j ai posé des questions en esperant confirmation ou infirmation.

Ayant la charge de travail de deux en ce moment, je ne peux pas venir ici autant que je le voudrais :drapeau:.

Mais je lirais tout ca quand je pourrais :champion:

http://les-avalanches-footus.blogspot.com/

La seule verite est 4 8 15 16 23 42

Mieux vaut une taupe dans son jardin, qu'un jurassien comme voisin ! Proverbe Oyonnaxien

Une tete, deux bras, deux jambes, cela peut etre n'importe qui ! Proverbe Shingouz

'... soit vous faites votre sirop de vingt-et-un et vous dites "beau sirop, mi-sirop, siroté, gagne-sirop, sirop-grelot, passe-montagne, sirop au bon goût'

Hexa.jpg

Posté(e)
  • Auteur

Pour le seuil de pauvreté faut arrêter. Cette stat n'est PAS une statistique sur la pauvreté d'un pays. C'est une stat qui reflète la DISPERSION des revenus.

En clair un "pauvre" en GB n'est pas forcément... pauvre, comparativement à un riche d'un pays plus pauvre. Je suis clair ou il faut un exemple chiffré ?

Faudrait effectivement voir les chiffres de l'emploi de longue durée en GB mais mon intuition me dit qu'ils sont bien meilleurs que les notres :D

Pour moi s'il n'y avait qu'UNE mesure à retenir de la GB c'est la facilité d'embauche mais aussi et surtout de licenciement. Je sais bien que ça fait hurler de ce côté de la Manche mais c'est pourtant ça qui permet de faire baisser le chômage.

C'est au marché de l'emploi à s'adapter à la croissance et pas le contraire si on veut le plein emploi.

OL, ça l'fait.

Rejoindre la conversation

Vous pouvez publier maintenant et vous inscrire plus tard. Si vous avez un compte, connectez-vous maintenant pour publier avec votre compte.

Invité
Répondre à ce sujet…

Account

Navigation

Rechercher

Rechercher

Configure browser push notifications

Chrome (Android)
  1. Tap the lock icon next to the address bar.
  2. Tap Permissions → Notifications.
  3. Adjust your preference.
Chrome (Desktop)
  1. Click the padlock icon in the address bar.
  2. Select Site settings.
  3. Find Notifications and adjust your preference.