Ben Arfa joue les divas
Déçu de ne pas avoir été titularisé dimanche soir lors du clasico, Hatem Ben Arfa a refusé d'aller s'échauffer quand son entraîneur, Eric Gerets, le lui a demandé à l'heure de jeu. Un comportement que le technicien belge de l'OM a trouvé inadmissible et qui pourrait se traduire par une sanction pour le milieu de terrain international. De son côté, Pape Diouf essaie d'apaiser l'atmosphère...
Hatem Ben Arfa, joueur plus solitaire que collectif. (L'Alsace) Hatem Ben Arfa, joueur plus solitaire que collectif. (L'Alsace)
Comme si la gifle reçue au Vélodrome dimanche, lors du clasico, ne suffisait pas, voilà qu'une affaire Ben Arfa est venue ternir un peu plus encore la soirée marseillaise. Recruté à prix d'or (12 millions d'euros) l'été dernier pour devenir le dépositaire du jeu marseillais, le petit prodige franco-tunisien a été au clash avec son entraîneur Eric Gerets qui, à sa surprise générale, a essuyé un refus lorsqu'il a fait appel à son milieu de terrain pour qu'il aille s'échauffer à l'heure de jeu. Dépité de ne pas avoir été titularisé d'entrée, Ben Arfa, qui se faisait une joie de disputer son premier OM-PSG - "C'est le match que je regarde depuis tout petit avec l'époque des Boli, Raï et tout ça. Je suis très heureux d'y participer comme joueur, c'est une fierté", avait-il confié dans la semaine sur le site officiel du club, n'a pas digéré la décision de son coach de le reléguer sur le banc de touche.
Arrivé au stade avec le masque, l'ancien Lyonnais s'était entraîné seul avec Samassa avant la rencontre et fut le premier des Olympiens à quitter le stade après la défaite. La mine triste, engoncé dans son survêtement, il aura donc vécu l'intégralité de son premier clasico assis à l'extrémité du banc de touche marseillais. Si son comportement laissait poindre un malaise, et suscitait les interrogations, les explications sont très vite arrivées après le match. "On ne m'a jamais fait ça de ma carrière !, aurait hurlé Gerets devant son joueur une fois le vestiaire clos, relate nos confrères de L'Equipe. C'est incroyable. Je ne l'admets pas. On en parlera lundi. C'est inadmissible. Tu vas voir ce qui va t'arriver !" Outré par un comportement aussi individualiste, l'entraîneur de l'OM, qui n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds, a brandi la menace.
Diouf: "Il ne faut pas tout de suite parler d'un problème Ben Arfa"
Aussi beau à voir jouer qu'il peut être difficile à gérer au sein d'une équipe, Ben Arfa a, semble-t-il, déclenché une tempête qui pourrait lui coûter cher, vraisemblablement une sanction, et ce même si à l'issue de la rencontre Pape Diouf tentait de calmer le jeu. "Vous savez, dès qu'il s'agit d'Hatem, on en fait tout un fromage. Arrêtons un peu", s'exclamait le président dans les couloirs du Vélodrome. Ce sont des choses qui arrivent dans une équipe. Qu'on puisse soupçonner un joueur de ne pas vouloir entrer ou de ne pas s'échauffer, non, il ne faut pas tout de suite parler d'un problème Ben Arfa. S'il y a des problèmes qui le concernent dans le vestiaire ou qui touchent d'autres joueurs, ça se règlera dans le vestiaire."
Pas sûr que sa tentative de noyer le poisson, qui tranche avec les paroles proférées dans le vestiaire par Gerets, dont le choix de ne pas titulariser le joueur, aussi décevant fut-il à Eindhoven, pose aussi question, ne parvienne à faire revenir le calme. Oui, le malaise Ben Arfa-Gerets risque de faire couler beaucoup d'encre ces prochaines heures. Et alors que l'OM sort d'une semaine bien difficile, - un premier revers (2-0) face au PSV qui lui avait ôté tout espoir en Ligue des Champions puis un second face à Paris qui l'a empêché de s'asseoir dans le fauteuil de leader de Ligue 1 -, ce que l'on peut désormais appeler l'affaire Ben Arfa risque de fragiliser le club. Lundi, c'est tout Marseille qui a la gueule de bois.