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La grippe aviaire

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Posté(e)
De plus on continue à nous parler des oiseaux migrateurs comme vecteur de contagion même si j'ai l'impression que deux thèses s'affrontent. Bon ça serait pas la 1er fois qu'on est désinformé massivement sur un sujet mais j'ai du mal à comprendre pourquoi.
C'est qu'il faut bien s'entendre sur le terme "sensible". J'entends par là que pour la plupart des espèces sauvages, le virus n'est pas très dangereux. Cela ne les empêche pas, éventuellement, de le véhiculer. En revanche, il est meurtrier pour les volailles, pour de nombreuses raisons (pauvreté du génome, immersion permanente dans les fientes contaminées, etc).

Ensuite, il est évident que la responsabilité des migrateurs est bien plus intéressante à vendre que l'info montrant, par exemple, que le saut de Chine au Nigeria s'est fait par voie commerciale (importation illégale de poussins).

"On" nous parle, mais qui ? Des "spécialistes" qui présentent des cartes de migration délirantes où des "canards" migrent de Sibérie en Chine en automne, de Chine en Turquie en début d'hiver, puis de Turquie en Afrique et enfin d'Afrique en France au printemps avant de retrouver la Sibérie ?

Voilà un autre "on" émis à titre privé, mais quand même, par Romain Julliard du Muséum National d'Histoire naturelle.

Tout le monde aura remarqué le degré d'incertitude qui règne autour de la

grippe aviaire. Cette incapacité des médias à faire la part entre ce qui

est probable et ce qui ne l'est pas, est la principale raison de la

«panique de précaution» à laquelle nous assistons.

Pourtant, en prenant un peu de recul sur le déroulement des différents

événements de grippe aviaire de ces dernières années, on peut

raisonnablement être optimiste d'après moi. Aucune certitude dans ce qui

suit, simplement, à la lumière de ce qu'on sait, quel scénario me semble le

plus probable.

D'abord quelques faits: en Asie du Sud-Est, pour tous les cas de

contaminations de volailles domestiques, l'explication la plus probable

pour ne pas dire presque certaine, à toujours été la transmission par une

volaille domestique infectée transportée par l'homme. Les cas d'oiseaux

sauvages contaminés là-bas ont toujours été trouvé à côté de poulaillers

contaminés, et ne se sont pas propagés.

L'Asie du Sud-Est, la Chine en particulier, est une zone majeure

d'hivernage des canards, oies, cygnes qui nichent plus au nord (Sibérie

centrale et orientale). Pourtant, les cas de grippes aviaires chez les

oiseaux sauvages au nord de cette zone (Mongolie, Sibérie) sont assez

sporadiques, et certain d'entres eux sont probablement liés à des

contaminations par des poulaillers infectés.

Pourquoi aussi peu de cas chez les oiseaux sauvages dans la région du monde

la plus touchée par la grippe aviaire? La réponse est bien étayée par les

études scientifiques. D'une manière générale, le virus persiste mal dans

les populations sauvages: les individus sont peu susceptibles et ceux qui

contractent la maladie transmettent mal le virus à leurs congénères.

D'autre part, est c'est sans doute le facteur le plus important, le virus

persiste très mal hors d'un oiseau vivant (c'est-à-dire dans l'air ou dans

l'eau) dès que la température dépasse 8°C.

De toute évidence, depuis l'automne dernier, la grippe se propage à cause

des oiseaux sauvages, depuis la Sibérie jusqu'à l'Europe de l'Ouest. Mais

force est de constater que les cas sont très sporadiques et que la

mortalité est minime: pour 10 oiseaux trouvés morts, ils y en a des

dizaines de milliers bien vivants et en pleine santé ! Autre

caractéristique, tous les cas concernent des oiseaux d'eau douce froide ou

susceptible d'être en contact avec de tels oiseaux. D'où la déduction

complètement en accord avec ce qu'on sait du virus: l'eau froide est sans

doute déterminante pour le maintien du virus dans les populations sauvages.

Or, une chose dont on est sûr: le fin de l'hiver est pour bientôt, et

d'après moi, avec le réchauffement printanier, la grippe devrait rapidement

disparaître de France. La grippe va-t-elle se maintenir tout au nord de

l'Europe et revenir à l'automne? Je n'en sais rien, mais on a le temps de

voir venir.

Enfin, qu'en est il des oiseaux migrateurs revenants d'Afrique? Selon les

informations dont tout le monde dispose, il n'y a aucun cas avéré de grippe

aviaire chez un oiseau sauvage migrateur ou non en Afrique. Les élevages de

volailles contaminés le sont presque certainement à cause d'importation de

volailles d'Asie du Sud-Est (ou d'échange entre poulaillers infectés en

Afrique). Et c'est une fois encore, en parfaite accord avec ce qu'on sait

du virus, incapable de survivre en atmosphère tropicale, et avec ce qui

s'est passé en Asie du Sud-Est: aucun cas de propagation durable de la

maladie dans les populations sauvages.

Pourquoi tant d'inquiétude alors sur les oiseaux migrateurs? Rappelez vous,

l'automne dernier, le virus est en Sibérie. Message rassurant des

ornithologues: les oiseaux ne migrent pas directement de la Sibérie à

l'Europe de l'Ouest! Oui, mais. ils vont allés en Afrique contaminer nos

canards. D'où cette angoisse qui devait durer tout l'hiver: les oiseaux

migrateurs de retour d'Afrique allaient-ils contaminer nos zones humides.

Et bien, la grippe est venue par d'autres voies, via la Caspienne, la Mer

noire et la Méditerranée orientale...

Et toujours rien en Afrique!

Romain Julliard,

julliard@mnhn.fr

Supporter de l'Olympique Lyonnais de 1990 à son remplacement par la société de spectacles télévisés OL Group (2015).

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