IL ÉTAIT 11 HEURES du matin, hier, au Carlton
Hotel, de Singapour, QGde la candidature britannique.
Et Rod Sheard, l?architecte du projet de
stade olympique, soliloquait depuis un bon quart
d?heure au sujet des vertus exceptionnelles de
son écrin : amovible, adaptable, au coeur de la
nature? Bref, le meilleur stade d?athlétisme
jamais pensé. Et puis, au détour d?une question,
un dérapage qui allait déclencher l?ire de la
délégation française et énerver pas mal demonde
à Singapour :« Le Stade de France,un beau stade,
génial pour regarder le rugby. Dommage que ce
sport ne soit pas aux Jeux Olympiques. » Éclat de
rire général et petites piques en série sur la
supposée vétusté d?un Stade de France conçu
pour le football et non l?athlétisme, la malchance
pour Paris d?avoir déjà un stade, alors que Pékin,
Sydney et Atlanta n?en avaient pas quand ils ont
été choisi... Une belle démonstration de fair-play,
en version originale, par les inventeurs du
concept.
La princesse Anne et
un nouvel essaim de sportifs
Ken Livingstone, le maire de Londres, présent
parmi les intervenants, eut beau tempérer, affirmer
que Bertrand Delanoë était son ami et qu?il
serait aussi content si Paris gagnait, le mal était
fait. Une fois encore, les Anglais avaient pris des
libertés avec la charte olympique qui veut que l?on
ne commente pas ? et encore moins que l?on
dénigre ? les offres concurrentes.
Ce lundi, les Britanniques, très soutenus dans la
presse locale ? Singapour est un ancien dominion
de Sa Majesté, membre du Commonwealth ? ont
donc continué d?occuper le terrain. Tony Blair,
rejoint par son épouse Cheryl, a multiplié les
allers-retours et les arrivées remarquées avec son
cortège de berlines, entre le Carlton, le Raffles et
le Swisshotel, les principaux palaces du centre de
Singapour, où séjournent médias et membres du
Comité international olympique (CIO). La princesse
Anne, un nouvel essaim de sportifs, de Colin
Jackson à sir Bobby Charlton, et plus de 200 journalistes
sont arrivés dans l?île-État. « Plus les
jours passent, plus nous sommes confiants, nous
assurait, Daley Thompson, double champion
olympique de décathlon et membre du comité de
candidature. Je crois, comme Sebastien Coe, qu?il
reste une trentaine d?indécis et nous voulons les
convaincre que Londres est la ville rêvée pour les
Jeux de 2012. » Selon les médias anglais, Londres
a pris le contre-pied de Paris en sollicitant une
adolescente de quatorze ans, Amber Charles,
pour effectuer sa présentation demain devant les
membres du CIO. Aujourd?hui, la température
risque encore de monter d?un cran avec l?arrivée
probable de David Beckham, dont les tracas
hôteliers (où le loger, avec quelle sécurité ?)
semblent beaucoup occuper le staff de Londres
2012.
LOÏC GRASSET