Compte rendu de mon trajet de vendredi, fini au poste de police , retraçant, le plus fidèlement possible ce que deux des contrôleurs du TGV Paris Lille n° 7077 du 29 avril 2005 nommeraient un contrôle, et ce que je considère de mon coté comme une atteinte au droit le plus élémentaire.
Arrivé à Paris Nord peu avant le départ du train, je monte dans ce dernier, avec mon abonnement et ma réservation seconde classe parfaitement en règle. Je remonte le train afin de me rendre à ma place, ce qui, rame transmanche oblige, m?impose de transiter par des voitures de première classe. Comble de malchance, j?y croise une connaissance avec laquelle j?ai envie d?échanger quelques mots. Afin de ne déranger personne, et de ne pas me mettre en infraction, nous discutons, debout, sur la plate forme voisine. Les contrôleurs arrivent, j?ai mon manteau sous le bras, ma sacoche à la main, je suis toujours debout. Le contrôleur PN556 me signifie qu?il m?en coûtera 26? de surclassement, ce à quoi, je réponds interloqué «vous plaisantez. ? ». Je ne sais ce que veux dire ?vous plaisantez ? dans le guide des usagers du rail ou dans les règlements internes à la SNCF, toujours est-il que le contrôleur garda mon forfait pour «vérifications », pour revenir dix bonnes minutes plus tard avec un procès verbal d?un montant de 60?, une inflation galopante courrait visiblement dans ce train.
M?apparaissant comme logique de demander quelques explications, la conversation s?engage. Tout s?éclaire assez rapidement car, selon le contrôleur, je cite : « je suis un abonné », et qu?à ce titre, «vous les abonnés ne respectez rien et vous croyez tous permis », «vous ne payez même pas le prix de 7 aller-retour »,(500? par mois tout de même) et «qu?en plus ce n?est pas vous qui payez ».(pour le coup, si c'est moi qui paye) Pour le moins estomaqué, j?ai beau tenter vainement d?expliquer que le titulaire d?un abonnement n?est ni représentant, ni représentatif d?une quelconque caste, minorité sectaire ou vindicative, que je ne pouvais être de quelconque façon jugé comme tel. PN556 tourna les talons, invité qu?il fût par LL519 pour la raison suivante, je cite toujours : « C?est bon pas la peine de discuter, il fait ca parce qu?il flippe de devoir payer 60? ». Je me permets d?ajouter que le numéro de matricule des agents n?est établi que sur la lecture difficile du numéro griffonné sur le procès verbal, étant donné qu?ils ne portaient pas leur casquette et ont refusé à quatre reprises de me présenter une quelconque attestation prouvant la véracité de celui-ci. (ce qui est totalement contraire au réglement de la SNCF)
Seul, sur la plate-forme, je n?avais aucun recours, j?étais juste éberlué, déboussolé, et ecoeuré. Je me retrouvais là, sans aide et dépouillé moralement par les deux agents. Que faire ?
A la descente du train je retrouve le PN556 sur le quai pour lui dire en toute politesse, que sans doute ébloui par sa vindicte haineuse envers les abonnés, il avait fait une erreur sur le procès verbal, ayant coché la case ?infraction en seconde classe?, pour un « surclassement », c?était mal vu. J?en profitais aussi pour signaler à LL519 qu?il était interdit de fumer dans l?enceinte de la gare. Il jeta donc sa cigarette au sol, dans le plus profond respect du personnel de nettoyage, pour aller chercher les forces de police. Ce qui me ravissait, j?allais enfin être entendu par des représentants de droit.
Peine perdue, dans le petit poste de la gare Lille Flandres, j?exposais la situation, sous les regards compatissants des policiers qui me disaient : "on ne peut rien faire, il vous faut faire une réclamation à la SNCF", ce que j'ai fait .
PN556 n?avait ni le courage ni le temps d?aller voir les policiers, il y délégua son jeune apprenti, LL519 qui signifiât devant les policiers, qu?il était assermenté et que je l?avais insulté. Après tout je n?étais plus à cela près, j?ai donc demandé ce que j?avais bien pu dire. Après avoir parlé je cite : « de mon intonation injurieuse », ce à quoi je répondais, que seuls des mots pouvaient constituer des injures, avec approbation des forces de police, LL519 ne se démontait pas et disait alors : « il nous a traités d?enfoirés ». Je me suis contenté de répondre que cela était faux, et que bien que de nombreuses pensées approchantes m?aient traversé l?esprit, je n?avais rien dit de cela.Sous les rires amusés des policiers, Je me suis alors vu remettre sans autre explication un procès verbal pour «insultes » avec la mention «non tarifaire ». J?ai eu beau demander de quoi il s?agissait la réponse fût : « vous verrez bien ».
Je considère ce contrôle et l?attitude des agents comme une agression. Je suis effectivement en tord, je n?avais pas mes papiers d?identité sur moi, alors qu?il est signifié au dos de ma carte d?abonnement qu?ils peuvent m?être demandés, à ce titre j?accepte bien volontiers d?être verbalisé.
Il n?en demeure pas moins que ces agents ont usé de leur position dominante et de leur pouvoir pour me terroriser, ils ont usé de discrimination envers ce qu?ils appellent «les abonnés », qui ne sont visiblement pas des clients comme les autres, ils ont marché allègrement sur le règlement en ne me proposant pas de payer les 26? de surclassement (a moins «que vous rigolez » n?émarge dans la catégorie «refus formel »), en ne me présentant pas leur matricule, et en me menaçant (je cite encore) : « si vous ne payez pas, on peut vous empêcher d?acheter un abonnement », in extenso, ils peuvent simplement m?empêcher d?aller travailler, c?est à dire gagner ma vie, payer mes crédits et nourrir ma famille ! Sans doute jouissance ultime pour amateur de pouvoir que d?avoir ainsi mainmise sur l?avenir d?un autre ?
Il va sans dire que rongé par cette injustice, je n?ai évidemment pas dormi , que je n?ai plus aucune confiance envers les agents de la SNCF, que j'avaios un sentiment étrange en prenant le train ce matin, et qu?à ce titre, j?envisage de déposer une plainte au commissariat à l?encontre de ces deux fumiers, il va de soi que je serais aidé en cela par la personne avec la quelle j?ai eu l?outrecuidance de discuter sur une plate-forme et qui me servira de témoin.
Ce n?est d?ailleurs pas moi qui devrais être le plus en colère, mais l?ensemble des contrôleurs, que je fréquente quotidiennement depuis quatre ans, qui font leur travail consciencieusement et qui sont décrédibilisés par l?attitude de LL519 et PN556.
trunk écoeuré.