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Toulouse - Lyon


HEX@GONES
  • Date & Heure : 08/11/2007 05:15 PM Score : 1 - 0 Auteur(s) : Exilé17

Le déplacement à Toulouse depuis l'Île-de-France en train, c'est selon le point, quatorze à seize heures de train pour 90 minutes de foot : réservé aux plus dingues. Jacquot forfait à la dernière minute, nous n'étions, en ce samedi d'août, que deux à quitter la grisaille francilienne pour la Ville rose. Denis la Malice avait effectué l'aller dès vendredi soir, alors que j'optais pour la formule « raid » : descente samedi matin, retour dans la nuit suivante. Sur place, nous devons retrouver Southgone, Mastergone et Méli, ainsi que tOOn, régional de l'étape.


Je décolle donc à 6h 49 de Meaux, direction la gare d'Austerlitz, puis Toulouse-Matabiau par un Corail très touristique, via Limoges, Cahors et Montauban. Rien à signaler sur cet interminable trajet hormis un joli point de vue sur le magnifique pont médiéval fortifié de Cahors. Je retrouve Denis sur le quai et comme il est tôt, nous traçons illico au Capitole pour la première mousse de la journée, en échangeant des souvenirs oélistiques. Nous choisissons la terrasse où le staff de l'OL prenait son café le matin même sous les yeux de Denis. Puis vers 15h 20, nous empruntons le métro local, puis la navette qui nous amène sur le théâtre des opérations. Premier constat, on relève pas mal de maillots, écharpes et drapeaux lyonnais parmi le violet toulousain, et pas uniquement parmi les plus jeunes. Second constat, l'affluence est modérée, il est vrai que dans le même temps le XV de France affronte l'Anglois à Twickenham et qu'il faut faire des choix, fussent-ils cornéliens.


Nous entrons dans le vaste enclos du parking visiteur dans l'attente de Mastergone, qui a réservé pour nous les places. Nous sommes accablés par la chaleur, car ici c'est l'été, et les buvettes sont à l'extérieur de notre parc ! Mais l'une d'elle y est juste adossée ; je prends les choses en main et, mains suppliantes, implore les serveuses de nous céder leur provende par-dessus la grille. Sitôt dit, sitôt fait, sans bouger – ni faire la queue, nous voici en possession de breuvages rafraîchissants. « Y'a pas d'problème, y'a qu'des solutions ! » Au loin, sort d'une Clio le couple présidentiel (enfin l'un d'eux) ; Mastergone file récupérer les places et les distribue, Southgone nous rejoint rapidement, puis c'est l'épreuve de la fouille.


Depuis plusieurs minutes nous la redoutions, eu égard à la présence d'agents de sécurité zélés à l'excès, qui fouillent jusqu'aux portefeuilles et palpent à la recherche d'objets délictueux... les cheveux, mais aussi les mollets nus des supporters en short. Et ça ne rate pas. Si Denis rentre la bâche, rouleau de scotch inclus, avec autorité, que les batteries d'appareil photo sont tolérées chez plusieurs de mes voisins, l'un des gorilles suscités se précipite pour refuser l'entrée de mes batteries Sony. Première carte abattue : « Elles valent 28 € pièce ! – C'est rien par rapport à la sécurité des personnes de ce stade, que vous mettez en danger monsieur. » Et ben voyons ! J'abats alors l'atout (jusque-là toujours) maître : « Bien, dans ce cas, je ne rentre pas, je ne veux pas perdre mes batteries », accompagné d'un preste et ostensible demi-tour. « Euh, non, attendez monsieur ! » Enfin, surgit un responsable sécu lyonnais chevronné, qui assure rapidement les locaux de mon caractère parfaitement inoffensif et pacifique, et me permet l'accès batteries incluses, merci m'sieu... Bref, jusque-là on était tranquille à Toulouse, et bien non, l'hystérie les a frappés à leur tour.


Nous voici dans la belle enceinte du Stadium où nous bâchons sur un vomitorium, eu égard à l'étroitesse des grilles. Le parcage est encore peu rempli, principalement de touristes. La sono des plus assommantes ne daigne s'éteindre qu'après les deux ou trois premières passes du match, bien après le tifo, d'ailleurs fort basique. Le stade est lui-même loin d'être plein, pour les raisons susdites. Après quelques minutes, les BG, puis les CNL font leur entrée et prennent la tête de l'ambiance du parcage, à notre vif soulagement, car nous étions trop peu nombreux à chanter jusque-là. James Bond 07 fait partie de la seconde fournée et nous rejoint derrière la bâche.


Heurs et malheurs de l'équipe se traduisent par des redoublements d'encouragements, pour un rendu correct compte tenu du remplissage médiocre du parcage. Denis assure les basses de notre côté par sa voix puissante. Nous formons donc un groupe détaché qui tente d'assurer le volume sonore dans la partie supérieure du parcage, sans grand succès car derrière de nous, c'est très touriste. Nous subissons sans comprendre le but refusé, l'exclusion de Kallström déclenche des vagues de colère et des bordées de jurons ; le parcage commence à exploser quand Keita trouve... l'ouverture ? Non, le poteau, hélas ! Et quel coup de massue à la 89e, il faut quelques instants pour s'en remettre.


Quant au public toulousain, il devient positivement insupportable. Silencieux, en tout cas inaudible la plupart du temps sauf dans les tout premiers instants du match, il se découvre à 1-0 des ailes et surtout une âme de provocateur. Foin d'encouragements, ce ne sont, à l'image d'une espèce de gros Raoul quinqua à lunettes de soleil, que doigts tendus par des archétypes de beaufs de quartier, tout le long du parcage. Le plus fort est que ce sont les Lyonnais qui se tournent dans leur direction qui se font prendre par la patrouille en jaune, tandis que ledit Raoul peut exécuter son numéro grotesque quatre-vingt-dix minutes en toute impunité, à dix pas d'un stadier. Passons sur ces tristes énergumènes, au moins aurons-nous eu la satisfaction de ne rien lâcher. L'attente reclus dans le parcage n'est pas très longue, mais pénible sous une sono toujours aussi assommante. A la sortie, je propose un programme qui me semble de saison : « nous pourrions bâfrer comme des gorets, et chaner comme des porcs pour oublier. » Nous prenons rendez-vous au Capitole, où nous descendons une nouvelle mousse en attendant tOOn.


Méli se fait chambrer à l'infini sur sa destination de septembre, t'as voulu voir Vesoul et tu verras Vesoul, et Mastergone sur ses performances digestives à la Pataterie. Puis, président et first lady nous relatent leurs souvenirs d'Australie, où ils ont réussi l'exploit de ne rien voir, hormis des kangourous écrasés ou bien fouillant dans les poubelles. Bref, de « c'est pas très glam » en « un mythe s'effondre », la grande île qu'est sous nos pieds se trouve rhabillée pour l'hiver, et Méli porte l'estocade : « en même temps, c'est anglais, hein ! »


L'heure tourne : il est temps de passer à la suite du programme. Direction un restaurant que nous ne nommerons pas, à quelques encablures. En effet, si la cuisine est bonne, le service s'avère déplorablement lent et inorganisé. Après les carpaccios et grillades diverses, marchandages d'olives, et autres croquants chocolats, nous sommes près de partir sans payer, las de réclamer l'addition. Nous nous séparons ensuite et je trace vers la gare avec Denis, pour le train de 0h 50. Prendre un train de nuit est toujours un grand moment. Je pourrais arrêter ici le CR, mais je vais poursuivre, pour l'amour de la métaphore (qui a dit du sémaphore ?) Notre train arrive à minuit trente. Je me livre à quelques clowneries sur le quai, telles qu'imitations de la fameuse voix SNCF ou commande de la manoeuvre à grands moulinets de bras, à l'hilarité d'une passante. Puis, direction nos voitures respectives et les sièges inclinables. Là, mon mp3 berce de concertos de Bach un sommeil problématique. Problématique, car mon dîner fort assaisonné n'effectue qu'en protestant le trajet vers les étages infra-pyloriques, en quoi consiste son destin. Problématique ensuite, car mon voisin cumule les handicaps. D'une part, l'outrecuidant s'agite, passe et repasse. Puis, il puire. L'arrière-goût d'anis sec en moins, et le tabac en plus, cela tient des relents poisseux de libations nocturnes qui règnent dans un local étudiant un lendemain de fête. Enfin, l'individu ronfle. Pourquoi n'ai-je pas jeté ce spécimen par la fenêtre comme un vulgaire Paul Deschanel ? Oh, sans doute parce qu'elle ne s'ouvrait pas. Vers les trois heures, un type débraillé cingle vers les toilettes, inondant le compartiment d'un fumet de rondelle de saucisson perdue derrière le frigo depuis un trimestre, probable conséquence du port excessivement long de chaussettes soumises à une fatale alternance d'humide et de sec. Le reste du wagon est tout aussi pittoresque : cela va des mémères que pas un arrêt ne réveille (inoffensives, donc), à la pétasse arpentant dès les premières lueurs la voiture entière à la recherche d'un bracelet de pacotille égaré. Le tout dans la touffeur, la moiteur, la sueur, de moisissure, de vomiture et de biture, compose un tableau également déplaisant aux cinq sens. Ce tableau d'aventure aux métaphores ciselées vous était aimablement offert par les Corail Lunéa.


A sept heures cinquante, le train nous jette enfin en gare. A neuf heures dix, un train de banlieue désert me dépose à Meaux. Le raid est terminé. Il paraît qu'on a perdu. Je n'en suis pas sûr. Moi, j'ai juste entendu qu'on avait gagné à Touiquenamme, 21-15.
 

Exilé17

 

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